J'aime voir de dos, me trouver dans le fond d'une salle, suivre un groupe, installée derrière un passager dans le métro, dans un bus ou un avion.
Au cinéma aussi, dans la salle ou dans la file d'attente. Chez Mickey, je crois que c'est ce qui me plaît le plus, l'observation des dos internationaux.
Alors sur la table des éditions du Chemin de Fer, c'est ce petit livre là qui m'a fait de l'oeil.
Cette nuque et cette chevelure chatoyante, le nom de l'auteur aussi : Marie Hélène Lafon.
J'ai beaucoup aimé , il y a déjà quelques temps, son autre texte: L'annonce.
Prendre le livre en main , le retourner et découvrir une autre nuque
Le contact avec le papier de la couverture est sec mais pas rêche, lorsque je déplace la paume de ma main sur la surface , il se dégage un petit bruit , pas un grincement, pas un crissement , un frottement...un peu pareil à celui que font mes doigts lorsque je les frotte sur mes paumes de mains.
J'aime aussi le bleu.
J'apprécie déjà le trait et la palette de Nihâl Martli.
J'aime le chemin de lecture que me proposent presque toujours ces petits livres du Chemin de Fer réalisés à 4 mains.
Lecture de l'image avant celle du texte ou inversement, ou conjointement.
Je suis curieuse de découvrir l'importance que prendront les uns par rapport aux autres pour ce parcours.
Gordana
Portrait à la troisième personne, pas de dialogue.
Des observations au plus près, des descriptions précises des détails physiques.
De la rêverie, du travail de l'imagination, de la construction de fantasmes...
Et puis il y a l'auteure, le je , celle qui imagine ce que pourrait être la vie des autres, croisés ici ou là.
Un supermarché, une caissière: Gordana, un acheteur, une autre caissière, un autre acheteur, la vie .
Une phrase pour vous donner envie, c'est la contrainte que je m'étais fixée.
Il me faudra accepter de vous en livrer plusieurs si je veux pouvoir terminer mon billet.
"Le supermarché me rend sentimentale.....Les mots coulent et font sirop avec les odeurs de fruits, de pain industriel, de produits ménagers, de comptoirs réfrigérés...
L'homme n'a jamais beaucoup parlé ni compris ce besoin que les femmes ont , souvent, pas toutes les femmes, mais presque toutes, de mettre des mots sur les moments, sur les choses et sur les gens, entre eux, à leur propos, de dire pourquoi et de dire comment, de justifier et d'expliquer, de raconter, de remonter aux sources, de comprendre, de juger, de condamner, d'absoudre, de pardonner, d'éreinter les phrases et les mots, toujours les mêmes phrases et les mêmes mots...."
Je n'ai plus besoin de vous dire si j'ai aimé, ce n'est d'ailleurs pas très important.
J'espère vous avoir donné envie ...


Vendredi 11 mai 2012 à 18h30 Lecture à voix haute sur la promenade du port devant Lecture Gourmande
Du vent à faire tourner les pages...
Ce
matin,
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